CETTE POLEMIQUE QUE NOUS N'AVONS PAS CHERCHEE... Le 18/5/2011


Tout a commencé avec cette lettre adressée par le président du syndicat des professeurs et docents en sciences médicales au directeur général de la fonction publique pour lui demander de rejeter le projet de statut particulier des praticiens médicaux spécialistes. Le fait est suffisamment grave, l’insulte si grande pour les praticiens spécialistes de santé publique que le syndicat ne pouvait rester sans réagir! D’autant qu’il ne s’agissait pas de la première attaque du genre, la dernière remontant à novembre 2009 ( cliquer pour lire l’article).

 Ce fut chose faite à travers  une conférence de presse organisée  le 23 avril 2011. Pour protester et condamner certes, mais aussi pour contrecarrer  l‘œuvre de désinformation entreprise par l’auteur de cette lettre au nom, soit dit en passant, des deux syndicats de praticiens hospitalo-universitaires.

Cela aurait pu s’arrêter là, mais ne voilà-t-il pas qu’il revient à la charge, persiste dans le dénigrement et la désinformation, et signe une intervention par voie de presse ( lire en cliquant sur le lien) avec en plus l’air de dire à la masse des spécialistes «  on n’a rien contre vous ! C’est juste les responsables du syndicat qui sont visés ! » Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas monter ces spécialistes les uns contre les autres ?

Là aussi il a fallu répondre (cliquer pour lire la réponse du syndicat), ainsi que nous l’avions fait en 2004 , quand un autre président du SNPDSM proclamait : « Il n’y a donc pas de «pyramide à deux têtes» comme le soutient le Dr. YOUSFI, mais une pyramide à un seul sommet, comportant à sa base les généralistes, suivis des spécialistes puis des hospitalo-universitaires ; et dans tous les cas de figure, quels que soient les aménagements à apporter à notre organisation des soins, le spécialiste non universitaire ne peut, en aucun cas à ancienneté équivalente, se situer au-dessus du maître-assistant, ni au même niveau que lui. »

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2004/11/07/article.php?sid=15486&cid=2.

Nous avions longuement répondu alors (pour lire l’article cliquer ici).

Heureusement, des voix commencent à s’élever pour nous rappeler si besoin était, qu’heureusement tous les hospitalo-universitaires ne pensent pas comme le président du syndicat des professeurs et docents en sciences médicales, loin s'en faut!

« Après obtention du diplôme de spécialité, un certain nombre d’entre eux, se sentant la fibre pédagogique, vont alors s’orienter vers une carrière d’enseignant à la faculté de médecine, alors que beaucoup d’autres intéressés seulement par la fonction soignante, et parce qu’ils ne se sentent pas une vocation d’enseignement, vont préférer soit d’embrasser une carrière de médecin spécialiste exerçant dans des structures publiques soit se consacrer à une activité libérale.

Toute autre considération en particulier sur la qualité des prestations de soins fournis par les uns ou les autres et qui viserait à différencierait les médecins hospitalo-universitaires des médecins spécialistes de santé publique ou des médecins spécialistes installés en pratique libérale serait un contresens marécageux…

Pour mémoire, au début des années 1980, suite à un mouvement qui avait alors secoué le corps médical national, il avait été reconnu par l’Etat à cette catégorie professionnelle que constituent les médecins spécialistes de santé publique, le droit de bénéficier d’une carrière de médecin spécialiste des hôpitaux totalement distincte de la carrière des hospitalo-universitaires.

Le but à l’époque était de permettre à ces praticiens qui devaient prendre en charge une grande partie des Algériens de pouvoir ambitionner une amélioration de leur statut tant scientifique que social à travers la formation continue et des concours internes au ministère de la Santé. Dans notre vision de l’époque qui est d’ailleurs toujours la nôtre au jour d’aujourd’hui, un spécialiste pouvait ne pas se sentir la fibre pédagogique et l’envie d’enseigner sans pour autant que cela nuise à la qualité des soins qu’il prodigue à ses patients…

 Au nom de quels principes refusait- on à nos praticiens spécialistes de santé publique la possibilité de gravir des échelons d’une carrière sur la base de concours internes qui ne soient pas seulement administratifs ?

 Au nom de quels principes leur refuserait-on le droit d’améliorer leur niveau d’intervention dans le domaine de la santé de nos populations et de réévaluer leurs conditions socioéconomiques ? » Dr Ameur Soltane, in le Soir d’Algérie (http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/05/08/article.php?sid=116748&cid=41)

Voilà, et les choses sont bien claires pour qui veut voir.

Mais il demeure que le plus triste dans l'affaire est de voir un médecin, fût-il professeur des Universités, qui considère qu'être classé au même rang qu'un confrère spécialiste comme attentatoire à sa dignité!

Qu'il est loin ce temps béni où la confraternité signifiait encore quelque chose!